Déduction pour investissement : le fisc finance une partie de vos projets IT

Depuis 2025, une petite société déduit 20 % de ses investissements numériques et cybersécurité de sa base imposable. Conditions, calcul et mode d'emploi.

Déduction pour investissement 2025 : avantage fiscal des investissements IT et cybersécurité

Depuis le 1er janvier 2025, une petite société belge qui investit dans le numérique ou la cybersécurité peut déduire en une fois 20 % du montant investi de sa base imposable, via la déduction pour investissement réformée par la loi du 12 mai 2024. Cette mesure reste largement méconnue, alors qu'elle réduit concrètement le coût réel de la plupart des projets informatiques. Voici ce qu'elle couvre, qui peut en bénéficier et comment l'activer, selon les règles vérifiées en juillet 2026.

20 %
C'est la part d'un investissement numérique ou de cybersécurité qu'une petite société peut déduire, en une fois, de sa base imposable. L'État co-finance votre sécurité informatique ; encore faut-il le lui demander, dans les formes et dans les délais.

Que couvre la déduction pour investissement depuis 2025 ?

La réforme entrée en vigueur au 1er janvier 2025 a remplacé l'ancien système (et ses taux successifs, dont le 13,5 % longtemps cité) par trois catégories, non cumulables pour un même actif. Celle qui concerne directement vos projets IT est la déduction de base : 10 % pour les immobilisations neuves affectées en Belgique à l'activité réellement exercée, portée à 20 % pour les immobilisations numériques. La liste visée par le législateur parle à toute PME : logiciels et équipements de paiement et de facturation électroniques, signature numérique, cybersécurité, gestion comptable et financière, gestion numérique de la relation client. Autrement dit, une part substantielle de ce qu'une entreprise investit chez son prestataire informatique. Il existe aussi des déductions thématiques majorées (40 % pour les PME), mais elles ciblent principalement le climat, l'environnement et les investissements numériques qui les soutiennent, avec des attestations spécifiques à obtenir dans des délais stricts : un terrain à n'aborder qu'avec votre comptable.

Qui peut en bénéficier, et à quelles conditions ?

La déduction de base, ordinaire ou majorée, est réservée aux indépendants et aux petites sociétés au sens du droit des sociétés ; les grandes entreprises en sont exclues. Les conditions principales : des immobilisations neuves, affectées en Belgique à l'activité économique réellement exercée, et le choix d'une seule catégorie de déduction par actif. Point précieux pour les années difficiles : en cas de bénéfices insuffisants, la déduction se reporte sur les périodes imposables suivantes, sans limite de temps pour les actifs acquis depuis le 1er janvier 2025. Côté formalités, rien d'héroïque : les sociétés complètent l'onglet 275U de leur déclaration dans Biztax, les personnes physiques joignent le formulaire 276U. C'est typiquement une ligne à ajouter au dialogue annuel avec votre comptable, à condition de lui transmettre le détail de vos investissements IT de l'année.

Ce que cela change concrètement : une illustration

Prenons, à titre purement illustratif, un projet de renouvellement d'infrastructure de 25 000 euros comportant une part éligible d'investissements numériques et de cybersécurité de 15 000 euros. La déduction majorée permet de retirer 3 000 euros (20 %) de la base imposable, en une fois. Pour une société taxée au taux réduit de l'impôt des sociétés, l'économie d'impôt réelle se chiffre en centaines d'euros, obtenue par une simple formalité déclarative. Ce n'est pas ce qui décide un projet, mais c'est ce qui en réduit le coût réel, et c'est exactement le genre de paramètre à intégrer dans un calcul de coût total sur la durée de vie du matériel, comme celui que nous détaillons pour l'arbitrage entre serveur et cloud. La qualification précise des actifs éligibles et le calcul exact relèvent de votre comptable ou conseiller fiscal : cet article vous donne la carte, pas le cadastre.

Notre pratique : à chaque projet d'investissement chez un client, la question fiscale mérite d'être posée avant la commande, pas après. Un devis détaillé qui distingue clairement les postes numériques et de cybersécurité facilite le travail du comptable et sécurise la déduction. C'est un réflexe qui ne coûte rien et que trop peu de prestataires ont.

Cet article a une histoire qui illustre son propre message : sa première version, publiée il y a des années, nous avait été soufflée par un client mieux informé que la moyenne. La mesure a changé de visage depuis, son principe demeure : l'État belge encourage fiscalement les investissements numériques et de cybersécurité des PME, et cet encouragement ne profite qu'à ceux qui le réclament. La prochaine fois que vous validez un projet IT, posez la question en trois mots à votre comptable : déduction pour investissement ? Si la réponse est un silence, faites suivre cet article.

Questions fréquentes

Quel est le taux de la déduction pour investissement en 2025 ?

Pour les actifs acquis depuis le 1er janvier 2025 : 10 % de déduction de base pour les indépendants et petites sociétés, portés à 20 % pour les immobilisations numériques (paiement et facturation électroniques, cybersécurité, gestion comptable, relation client). Des déductions thématiques majorées existent par ailleurs, sous conditions d'attestations. Règles vérifiées en juillet 2026 auprès du SPF Finances.

La cybersécurité est-elle éligible à la déduction majorée de 20 % ?

Oui : la cybersécurité figure expressément parmi les catégories d'immobilisations numériques visées par la déduction de base majorée réservée aux petites sociétés et indépendants. La qualification précise de chaque actif s'examine avec votre comptable, sur la base d'un devis détaillant les postes.

Comment demander la déduction pour investissement ?

Par la déclaration fiscale : l'onglet 275U dans Biztax pour les sociétés, le formulaire 276U pour les personnes physiques. En cas de bénéfices insuffisants, la déduction se reporte sur les exercices suivants, sans limite de temps pour les actifs acquis depuis 2025.